
Deux membres de l’OVSS, Pierre-Élie et Léna, suivent la formation du Synergia Institute: commonwealth coopératif et changements systémiques. Nous prenons le temps de partager quelques points saillants du module que nous venons de suivre.
La précarité ne cesse de s’aggraver, alimentée par divers facteurs. Le désengagement des gouvernements nationaux et provinciaux transfère une partie des responsabilités aux municipalités, qui peinent à répondre aux besoins croissants de leurs populations. À cela s’ajoutent des infrastructures vieillissantes – pensons à la canalisation défaillante au centre-ville de Montréal cet été – et l’intensification des catastrophes naturelles, amplifiées par les changements climatiques.
Sur le plan économique, le marché de l’emploi transnational a intégré deux milliards de nouveaux travailleurs et travailleuses, exacerbant la compétition mondiale. Parallèlement, l’économie numérique centralise les richesses via des plateformes comme Airbnb et Uber, qui extraient des ressources des communautés plutôt que de les y réinvestir.
Le chapitre met en lumière une réponse éprouvée : le modèle coopératif. Plusieurs exemples inspirants illustrent son potentiel. Au Pays basque espagnol, Mondragon rassemble un conglomérat de coopératives et d’entreprises locales qui emploie 75 000 personnes et génère 12 milliards de dollars annuellement. Un principe clé : aucun cadre ne peut gagner plus de sept fois le salaire de l’employé le moins rémunéré, garantissant une plus grande équité entre les membres.
Aux États-Unis, la coopérative Up & Go a créé une plateforme numérique pour réserver des services d’entretien ménagés. Les membres de Up & Go sont les coopératives de travail en entretien ménager, ce qui donne un contrôle aux travailleuses et travailleurs sur le disposif numérique qui leur donne accès au travail. Résultat : des salaires payés sans faille, la disparition des cas de harcèlement, une meilleure conciliation travail-famille, et des revenus accrus.
À Cleveland, ville durement touchée par la désindustrialisation, un modèle d’institutions ancrées favorise l’approvisionnement auprès de coopératives locales dans les secteurs essentiels comme l’alimentation et l’énergie. Cette stratégie demande aux écoles, hôpitaux et édifices publics d’acheter auprès de coopératives. Ceci stimule l’économie locale, renforce la résilience des entreprises en garantissant les emplois et maintient la richesse au sein de la collectivité.
La collaboration entre syndicats et coopératives offre également des perspectives prometteuses. Aux États-Unis et à Mondragon, des syndicats participent au financement et à l’accompagnement technique pour lancer des coopératives de travail ou pour convertir des entreprises en coopératives. Cette synergie dépasse alors une simple défense corporative des droits des membres : elle promeut un idéal de conditions de vie dignes pour toutes et tous.
Enfin, la formation aborde le concept de revenu minimum garanti. Cette initiative propose une allocation inconditionnelle pour tous les citoyens et citoyennes. Les expériences pilotes montrent des résultats probants : une réduction significative de la précarité, un meilleur bien-être psychologique, et une plus grande liberté pour choisir un emploi aligné avec ses aspirations.
En conclusion, j’aurais été intéressé qu’on aborde plus la facilitation des processus démocratiques dans les coopératives. Quand on a œuvré dans une coopérative de solidarité et habité dans une coopérative d’habitation, on sait que les défis humains se présentent périodiquement. Il serait intéressant de voir non seulement comment on peut renforcer les structures sociales qui créent un écosystème propice à l’essor des coopératives, mais aussi comment on peut améliorer les processus internes pour favoriser leur pérennité.