
Depuis près d’un an, je chemine à travers les formations proposées par Utapi Consultants, une entreprise autochtone à vocation sociale qui propose des formations, des ateliers, des outils et de l’accompagnement visant à conscientiser les individus aux réalités autochtones. Une plateforme autochtone pour les allié-es. (jetez un coup d’oeil à leur super outil sur la démystification du rôle d’Allié.e).
Ce choix s’inscrit dans un désir très concret : celui de mieux comprendre comment aborder les enjeux de réconciliation et de décolonisation de nos pratiques. Car si l’intention est souvent présente, le chemin pour y parvenir l’est beaucoup moins clairement surtout en tant qu’allochtone.
Le parcours d’auto-formation est composé par thématiques centrales telles que le territoire, la résurgence autochtone, la sécurité culturelle en milieux de soin et la souveraineté alimentaire. Ces modules construits autour d’une foule de références, ne sont pas présentés comme des savoirs abstraits, mais comme des clés pour mieux comprendre nos positionnements, nos pratiques et les structures dans lesquelles nous évoluons.
Ce parcours m’a permis de reconnaître à quel point nos façons de penser, d’organiser le travail et de définir le savoir sont ancrées dans une vision du monde particulière souvent présentée comme neutre ou universelle, alors que ce n’est pas du tout la cas. Ainsi, se sensibiliser sur différentes conceptions du monde permet non seulement de mieux comprendre les réalités autochtones, mais aussi de questionner nos propres cadres de référence. J’y ai aussi compris que la décolonisation ne peut être pensée sans une attention réelle au territoire, ni sans prendre en compte les enjeux de gouvernance et d’autodétermination des peuples autochtones.
Ce que j’apprécie particulièrement dans l’approche d’Utapi, c’est qu’elle ne cherche pas à offrir des réponses toutes faites. Elle propose plutôt des repères, des espaces de dialogue et une invitation constante à se situer. Elle est construite de manière à susciter l’introspection avec des espaces prévus pour déposer nos pensées et nos ressentis. Élément central dans ce chemin de décolonisation mais que nous ne savons pas toujours comment activer. Reconnaître nos biais inconscients constitue une étape incontournable pour pouvoir ensuite travailler à les déconstruire.
Pour moi, cette plateforme constitue un soutien précieux dans un cheminement où il s’agit autant d’apprendre que de désapprendre, et surtout, de demeurer en mouvement, avec humilité et responsabilité. C’est pourquoi j’avais envie de vous la faire découvrir si vous ne la connaissez pas déjà!